Les chantres de l’anti-libéralisme exultent et crient victoire. Les Etats-Unis, la France, l’Allemagne, la Belgique ou encore l’Irlande ont décidé d’injecter massivement de l’argent pour renflouer les caisses de leurs établissements bancaires en difficulté.
De telles interventions sont pourtant une erreur à un double niveau. Il s’agit tout d’abord une faute morale : la socialisation des pertes après la privatisation des profits ne saurait être acceptable. Les responsables de la spéculation n’assumeront pas les conséquences de leurs actes puisque leurs établissements financiers ne seront pas rachetés à faible prix par des concurrents à la gestion plus saine. L’argent public vient éponger les erreurs individuelles et ne fait pas jouer la responsabilité, appelant à d’autres crises futures.
Il s’agit ensuite d’une erreur économique : l’argent public provient de l’endettement et des prélèvements obligatoire. L’argent ainsi injecté dans les établissements bancaires manquera à l’économie réelle et accentuera l’effet de la crise. Alors que l’endettement français atteint déjà près de 2 000 milliards et que le service de la dette est déjà le 2ème budget de l’Etat, augmenter l’endettement est irresponsable.
Les dirigeants politiques souhaitent donner ainsi l’illusion de l’action. Utiliser l’agent public pour « sauver » une banque est certainement plus valorisant pour un Président que d’admettre que l’intervention sera non seulement inefficace mais surtout néfaste. Nos dirigeants manquent de sang froid et préfèrent une efficacité électorale de court terme à une efficacité économique de moyen et long terme.
L’heure n’est pourtant plus aujourd’hui à l’interventionnisme inefficace. Alors que la récession s’impose un peu plus chaque jour, il devient urgent de mettre en place les vraies réformes qui pourront permettre à notre pays de rendre cette crise moins durable. Si le gouvernement veut vraiment lutter contre la crise, qu’il réalise enfin les réformes du marché du travail, de la sécurité sociale et des retraites, qui sont aujourd’hui autant de poids sur notre économie qui l’empêcheront de redémarrer.

